Théâtre

Une des dernières soirées de Carnaval

La comédie est une allégorie : mettant en scène des tisserands exécutant les modèles des dessinateurs, elle rend hommage aux comédiens interprétant les oeuvres des auteurs. Goldoni y fait vivre toute une petite société d’artisans : tisserands, calandreurs, dessinateurs, apprentis, marchands,,… où règne le savoir-faire, à l’égal de l’artisanat théâtral, où le travail de chacun s’appuie sur celui de tous. Clément Hervieu-Léger a choisi l’excellente et sensible traduction de Myriam Tanant et Jean-Claude Penchenat (1), qui est à l’origine de la création en France de la pièce avec le Théâtre du Campagnol en novembre 1990.

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21 rue des Sources

L’adresse, 21 rue des Sources, est celle où Philippe Minyana a passé son enfance, une grande maison de Franche-Comté qui abritait aussi une épicerie. La pièce évoque les aïeux et signe, en creux, le portrait de sa mère disparue. La simplicité de son écriture s’accorde au ton faussement décontracté du jeu des comédiens. Bridant la nostalgie, avec un regard d’entomologiste, de la distance et pas mal d’humour, il fait la part belle à tous les fantômes, ceux de la vie réelle et ceux du théâtre.

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J’ai des doutes

Parfaitement équilibré, le spectacle est subtilement dosé et rythmé, drôle, poétique, là un moment chanté, ici un sketch réapproprié, ou encore des extraits sonores de Radioscopie comme en contrepoint, et l’apparition d’une marionnette de clown blanc. Du chien qui parle (Mon chien, c’est quelqu’un) à l’oie qui oit (Ouï dire), à l’interprétation de La truite jouée sur des verres remplis de whisky, Antoine Sahler, pianiste et complice affûté, accompagne François Morel et lui donne la réplique.

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Le présent qui déborde

Christiane Jatahy a rencontré des personnes vivant une odyssée quotidienne : acteurs en exil, réfugiés dans des pays tels que la Palestine, le Liban, la Grèce, l’Afrique du Sud. Ils témoignent de leurs vies d’exil qui résonnent avec les péripéties vécues par Ulysse : « Je m’appelle Odysseus ». Dans chaque pays, trois acteurs ont été filmés, deux Ulysse et une Pénélope. Fiction et travail documentaire s’entremêlent. On est à Jénine, et encore dans d’autres camps de réfugiés. Pour ces réfugiés, le présent est là, et il déborde.

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Jungle book

A tout conte, il faut un narrateur, c’est Hathi l’éléphante qui entrouvre le rideau de scène, ses imposantes oreilles débordant d’une longue robe blanche, et entame l’histoire de l’enfant dans la jungle, comme Bob Wilson a choisi de la découper. Le metteur en scène américain ne s’attachant pas à une adaptation linéaire du livre de Kipling mais en proposant un choix de certains chapitres et épisodes marquants, déclinés en scènes jouées et en chansons et refrains répétés à dessein.

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Madame se meurt !

Cette figure attachante disparue prématurément a inspiré au metteur en scène et comédien Marcel Bozonnet (sa Princesse de Clèves est en tournée depuis vingt ans) et au musicien et claveciniste Olivier Baumont un spectacle finement construit, intime et profond qui fait dialoguer des textes et musiques des XVIIe et XXIe siècles. Marcel Bozonnet, fin récitant, fait résonner les textes, évoque la courte vie de cette personnalité attachante de la cour qu’était Henriette d’Angleterre, admirée de tous, ses aventures amoureuses, sa mort mystérieuse, ses derniers moments, à travers des écrits, outre l’oraison de Bossuet, de Madame de Lafayette, Saint-Simon ou encore des chroniques de cour anonymes

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Les Beaux

Avec ce texte, publié en 2017 sous le titre Enfantillages (1), l’auteure Leonore Confino (Ring, Building, Le poisson belge,…) scrute et désintègre les relations de couple, les faux-semblants et les hypocrisies de façade. Pour illustrer cette dualité entre personnages rêvés et réels, Côme de Bellescize a travaillé et construit sa mise en scène avec les deux interprètes, Elodie Navarre et Emmanuel Noblet dont le jeu intense et nerveux s’inscrit dans la matière du texte.

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Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour

Mêlant les histoires qu’il collecte et d’autres qu’il invente ou qu’il vit en allant par les chemins buissonniers, il arpente la langue, toutes les langues, comme autant de territoires intimes. Il dit la nécessité de l’oralité, regrettant tous ces patois que l’on a interdits à l’école et demandé aux anciens de ne pas parler devant leurs petits-enfants, empêchant la chaîne de transmission. Jaulin remet à l’honneur toutes ces langues autochtones sur lesquelles se penchent parfois davantage de chercheurs qu’elles ne sont parlées par des locuteurs natifs

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La Gioia

Derrière son titre : la joie, c’est un spectacle de deuil que donne à voir Pippo Delbono, celui de Bobo, le fidèle compagnon de route décédé l’hiver dernier. Bobo, personnage à part, microcéphale, rencontré dans un asile psychiatrique en1996, et dont la présence irradia tous ses spectacles. La présence de Bobo hante le plateau, tant « il portait en lui le sens profond du théâtre ». Comment concilier la perte et la joie ? Bobo n’est plus là, mais tous ses autres fidèles cabossés de la vie sont présents

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Rouge

Entre master class donnée par Rothko, considérations sur les différentes formes picturales, son admiration pour certains, le rejet des nouveaux venus (Andy Warhol, Roy Lichtenstein,…) et encore les rapports entre l’art et le commerce, la pièce soulève de nombreuses interrogations. Le peintre, pour qui «il y a une tragédie dans chaque coup de pinceau », voit ses contradictions mises à mal par son assistant.

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