J’ai des doutes

Parfaitement équilibré, le spectacle est subtilement dosé et rythmé, drôle, poétique, là un moment chanté, ici un sketch réapproprié, ou encore des extraits sonores de Radioscopie comme en contrepoint, et l’apparition d’une marionnette de clown blanc. Du chien qui parle (Mon chien, c’est quelqu’un) à l’oie qui oit (Ouï dire), à l’interprétation de La truite jouée sur des verres remplis de whisky, Antoine Sahler, pianiste et complice affûté, accompagne François Morel et lui donne la réplique.

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Les Reines

Reines, femmes, sœurs, mères de rois, ex ou futures reines d’Angleterre, elles libèrent leur soif d’ambition, leurs peurs. Un roi agonise, de jeunes enfants vont être assassinés. L’atmosphère est crépusculaire. Dans la salle de la Fabrique, l’espace est envahi par la brume, les murs sont épais comme ceux d’une prison, par les coursives perce l’écho lointain du pas de Richard le sanguinaire.

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L’échange

Grand connaisseur de l’œuvre de Claudel, le directeur du TNP s’attache à faire entendre la prosodie des vers, matière première vivante de la pièce. Dans l’épure de sa mise en scène, la langue claudélienne révèle sa pureté, ses chatoiements, ses flamboyances sauvages. Peu d’effets sur le plateau nu, si ce n’est, d’entrée, une pluie soudaine de sable rouge qui va délimiter le lieu de l’action, une terre sauvage où vont s’exalter les passions soudaines, s’opérer les calculs et les revirements.

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Mémoire de fille

Après L’autre fille, Cécile Backès met en scène Mémoire de fille (adapté avec Margaux Eskenazi) fidèlement, en toute sobriété et avec une belle acuité, en parallèle avec la démarche de la romancière qui dissocie les deux femmes. Impudique, cru, le texte est la confrontation de la femme qui écrit le livre (publié en 2016) avec « la fille de 58 ». On suit, comme des images d’un roman-photo, la découverte de son corps par la jeune fille, du désir charnel, d’elle-même, et la traversée des années.

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Un instant       

Pour ne pas perdre son public, Bellorini reprend les extraits les plus familiers du livre puis installe le temps dans l’espace théâtre, habité par les deux arpenteurs de la mémoire Camille de la Guillonnière, s’appropriant les textes de Proust, comme se souvenant à voix haute, et Hélène Patarot, y mêlant son histoire personnelle.

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Sœurs

Ainsi est né Sœurs, un texte comme sait en écrire Rambert, en forme de coup de poing. Un style tranchant, une écriture comme un point de couture, qui revient sur elle-même pour mieux avancer, une inspiration aiguë. Des rampes d’une lumière froide et brutale éclairent le plateau occupé par des empilements de chaises… Soudain, Marina et Audrey (elles conservent leur prénom) déboulent face à face, en diagonale comme sur un ring, deux combattantes affûtées pour la bataille, prêtes à se mesurer, chacune chargée d’un passif lourd gorgé de griefs et de ressentiments accumulés depuis l’enfance.

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Ouverture du MAM à Lyon

Unique musée de France avec une collection internationale, le MAM a été totalement repensé en direction d’un public familial, des établissements scolaires, des amateurs de spectacle vivant et des touristes. Il rassemble plus de 300 marionnettes, décors, affiches et répertoires provenant de sa collection mais aussi des pièces empruntées à d’autres musées ou des compagnies contemporaines.

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Rebibbia

De cette expérience carcérale, elle tirera L’Université de Rebibbia, paru en 2013. Rebibbia est une prison de femmes dans la banlieue de Rome où l’auteure se retrouve enfermée et découvre la promiscuité. Elle doit se plier aux règles, apprendre les codes, cohabiter avec les autres détenues, prostituée, criminelle, droguée, militante politique… Le quotidien s’organise, les affinités émergent, la personnalité de Goliarda apaise les violences, attire et fédère les sympathies.

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Dans la luge d’Arthur Schopenhauer

L’ombre du philosophe du pessimisme rode sur le texte de Yasmina Reza. « Il s’agit de quatre brefs passages en revue de l’existence par des voix différentes et paradoxales. Ou encore une variation sur la solitude humaine et les stratégies. Des leurres ?» Ainsi l’auteur parle-t-elle de sa pièce, à l’origine un texte devenu objet théâtral par l’intervention de Frédéric Bélier-Garcia, son metteur en scène.

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Patrice Chéreau à l’œuvre

Les nombreux documents réunis : photos, maquettes, dessins, proviennent de différents fonds, publics ou privés (le Théâtre de l’Odéon, Archives départementales de Nanterre, la Cinémathèque, le Piccolo Teatro,…) mais l’exposition n’aurait pu être aussi riche sans le concours précieux des amis fidèles et des proches du metteur en scène comme, parmi tant d’autres, Jean-Pierre Vincent ou Gérard Desarthe, maillon essentiel de l’aventure.

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20 000 lieues sous les mers

Le capitaine Christian Hecq (Nemo froid et mystérieux) a dessiné avec précision et drôlerie les personnages : les « prisonniers » en Pieds nickelés de l’aventure, les figures singulières du second Flippos et du Sauvage. Les comédiens eux-mêmes manipulent avec adresse les étonnantes marionnettes conçues par Carole Allemand et Valérie Lesort (1), qui cosigne la mise en scène.

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L’école des femmes

Molière écrit sa comédie en 1662. Recadrée dans un décor actuel, comment ne pas voir dans ce personnage torturé, à la perversité aiguisée (il feint d’endosser un rôle de père avant de se prétendre mari) un de ces prédateurs sexuels qui sévissent toujours et qui pourraient être dénoncés aujourd’hui par les réseaux sociaux.

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Le monde d’hier 

Après avoir écrit Les derniers jours de Stefan Zweig, Laurent Seksik a adapté Le Monde d’hier pour la scène en un découpage qui en extrait les moments forts. Dans une interprétation sobre, tendue et fine, Jérôme Kircher dit l’émotion de Zweig,

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Sopro

Une femme arpente le plateau, aux planches traversées ici et là par des herbes folles. Elle est seule, elle déambule, en attente… comme le public. En attente de mots, de texte. En attente de théâtre. Cette femme est un personnage réel, Cristina Vidal, souffleuse au théâtre dont Rodrigues a pris la direction en 2014. Elle exerce son métier depuis quarante ans. Gardienne des mots des autres, elle les souffle quand la mémoire vient à flancher.

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La Locandiera

Alain Françon avait demandé une nouvelle traduction à Myriam Tanant. Pour cette spécialiste de Goldoni, disparue en février dernier, La Locandiera aura été la dernière traduction d’un auteur qu’elle admirait, et aimait. On entend ce texte clair, incisif, comme ravivé, notamment dans la partition du rôle-titre. On est à Venise, en 1752, dans une pension tenue par Mirandolina, que l’on peut voir comme une femme en avance sur son époque. Mais ce n’est pas par idéologie que Mirandolina est indépendante, c’est pour pouvoir continuer à mener, et « faire tourner » son affaire comme elle l’entend, une auberge héritée de son père, décédé quelques mois plus tôt.

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