De lumière

Au Rond-Point, David Ayala entre dans l’arène des souvenirs d’enfance

Un studio d’enregistrement où répètent des musiciens, une table encombrée d’un bric-à-brac hétéroclite, le tableau est planté d’un film en train de se faire, avec enregistrement au micro de souvenirs personnels, et images filmées. Entre autobiographie et documentaire, Jean-Baptiste Tur, cofondateur de la compagnie Le Grand Cerf Bleu, agrège différents outils pour faire le récit de sa jeunesse à Béziers, porté par le comédien David Ayala, lui un enfant d’Arles. En toile de fond, la tauromachie, partie intégrante d’une culture ancrée dans le territoire. A partir de ces « ingrédients » personnels, l’autrice Azilys Tanneau a écrit le texte mis en scène par Jean-Baptiste Tur et en musique par Thomas Delpérié et Pierre Borel. La question ici n’est pas de polémiquer sur une pratique archaïque controversée mais de questionner le rituel et le sentiment d’appartenance à une région.

Le passage de la vie à la mort.

Allers et retours avec le plateau finissent par irriguer un récit fictionnel inspiré par le réel. Qu’est-ce qui pousse des enfants à s’entrainer à l’art de la tauromachie ? Quelle est la part de la fascination de la mort dans cette attirance ? Quel est le poids de la transmission ? Des rencontres avec des jeunes élèves d’écoles taurines interfèrent avec l’évocation des souvenirs d’enfance, la découverte de la mort, la confrontation avec la fatalité, le passage de la vie à la mort. Le spectacle, entre vidéos et lecture, dans son décor de capharnaum, avance à coups d’accords de musique, de résurgences et d’émotions diverses jusqu’au passage tonitruant et mélancolique de la fantare Les Pourquoi Pas. Cet hommage au père et à l’héritage d’une région est porté par David Ayala avec une sensibilité affleurant derrière la puissance du comédien.

De lumière   * *

Théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8e. Tél. 01 44 95 98 21. www.theatredurondpoint.fr Jusqu’au 11 octobre. Théâtre de Nîmes (30) du 14 au 15 octobre.

(photo Nathalie Sapin)