Chantal Akerman par Chantal Akerman

A l’Athénée, Stanislas Merhar dans les mots de la cinéaste

Dans la petite salle Christian-Bérard de l’Athénée résonnent les notes du violoncelle de Sonia Wieder-Atherton lorsque pénètre sur la scène le comédien Stanislas Merhar. Il allume un projecteur pour faire apparaître quelques photos de la cinéaste belge Chantal Akerman, disparue en 2015, et pour laquelle il a joué dans La Captive (2000) puis La Folie Almayer (2012). Dans Le Déménagement, film réalisé en 1992 , le scénario est constitué d’un monologue, interprété par Sami Frey. Quand, des années plus tard, Stanislas Merhar prend connaissance de ce texte, il se met à l’apprendre par cœur. Pour continuer à être près de son amie. Et voici qu’il le restitue tout en pudeur, et avec une gravité mêlée d’une grande douceur, laissant flotter un parfum intemporel, une mélancolie ineffable.

Avant cela, pour entrer dans l’univers de Chantal Akerman, il aura lu des lettres que la réalisatrice avait adressées à André S. Labarthe et Janine Bazin en vue d’un autoportrait pour la série télévisée Cinéma, de notre temps . Où il lui a été demandé de « parler d’elle » et « c’est là que les difficultés ont commencé », écrit-elle avec un certain humour. Pour Stanislas Merhar, il est impératif de faire entendre la voix de Chantal Akerman, il y réussit pleinement, c’est comme si elle était présente. Entre distance et proximité, le moment flotte, intime, rare et obsédant.

Chantal Akerman par Chantal Akerman   * * *

Athénée Théâtre Louis-Jouvet, 4 square de l’Opéra Louis-Jouvet, Paris 9e. Tél. 01 53 05 19 19. www.athenee-theatre.com Jusqu’au 26 septembre.

(photo Guillaumin Haddad)