La dernière bande

De cette grande interrogation sur les temps de la vie, Denis Lavant livre une vision aigüe. Comme à son accoutumée, tout entier dans le personnage, il livre une interprétation troublante, montrant un vieillard maniaque et ridicule, antipathique et pitoyable, tragique et comique, en fait, assez justement, un pauvre clown, une marionnette démantibulée.

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J’ai des doutes

Parfaitement équilibré, le spectacle est subtilement dosé et rythmé, drôle, poétique, là un moment chanté, ici un sketch réapproprié, ou encore des extraits sonores de Radioscopie comme en contrepoint, et l’apparition d’une marionnette de clown blanc. Du chien qui parle (Mon chien, c’est quelqu’un) à l’oie qui oit (Ouï dire), à l’interprétation de La truite jouée sur des verres remplis de whisky, Antoine Sahler, pianiste et complice affûté, accompagne François Morel et lui donne la réplique.

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Adieu Monsieur Haffmann

En scènes courtes, Jean-Philippe Daguerre maintient le niveau de densité du récit tout au long de la pièce, et un intérêt croissant au fur et à mesure que le danger se resserre. L’angoisse se tend quand l’artisan invite à dîner son principal client, l’ambassadeur d’Allemagne, un proche d’Hitler. Le danger se rapproche pour Joseph Haffmann.

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Jeudis du jazz Spécial Boris Vian

Pour rendre hommage à ce prince de Saint-Germain des Prés et faire revivre cette ambiance festive, Les Deux Magots organise des soirées jazz spécial Boris Vian. Un jeudi par mois, de 19 h 30 à 22 h 30, des musiciens interprèteront des chansons de Boris Vian ou le jazz qu’il aimait à la contrebasse, la trompette, au violon, à la guitare et au piano. Le 7 novembre, Rimendo interprétera Boris Vian en musique à travers ses textes connus (Fais-moi mal Johnny, Le blues du dentiste,…) ou un peu oubliés (Suicide valse, Je veux une vie en forme d’arête,…).

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Le présent qui déborde

Christiane Jatahy a rencontré des personnes vivant une odyssée quotidienne : acteurs en exil, réfugiés dans des pays tels que la Palestine, le Liban, la Grèce, l’Afrique du Sud. Ils témoignent de leurs vies d’exil qui résonnent avec les péripéties vécues par Ulysse : « Je m’appelle Odysseus ». Dans chaque pays, trois acteurs ont été filmés, deux Ulysse et une Pénélope. Fiction et travail documentaire s’entremêlent. On est à Jénine, et encore dans d’autres camps de réfugiés. Pour ces réfugiés, le présent est là, et il déborde.

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Festival de Pâques 2020

Pour cette nouvelle édition (4-19 avril), 29 concerts sont programmés, dont plusieurs en exclusivité. En cette année Beethoven, 250ème anniversaire oblige, le Quatuor Ebène interprètera, en avant-première de leur intégrale des quatuors au Carnegie Hall de New York, trois œuvres du compositeur. La grande Martha Argerich et Renaud Capuçon proposeront un programme consacré à la musique romantique avec la Sonate pour piano et violon n°9 et Anne-Sophie Mutter sera entourée de ses amis musiciens pour le Trio à cordes. D’autres programmes sont consacrés à l’événement.

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Jungle book

A tout conte, il faut un narrateur, c’est Hathi l’éléphante qui entrouvre le rideau de scène, ses imposantes oreilles débordant d’une longue robe blanche, et entame l’histoire de l’enfant dans la jungle, comme Bob Wilson a choisi de la découper. Le metteur en scène américain ne s’attachant pas à une adaptation linéaire du livre de Kipling mais en proposant un choix de certains chapitres et épisodes marquants, déclinés en scènes jouées et en chansons et refrains répétés à dessein.

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Madame se meurt !

Cette figure attachante disparue prématurément a inspiré au metteur en scène et comédien Marcel Bozonnet (sa Princesse de Clèves est en tournée depuis vingt ans) et au musicien et claveciniste Olivier Baumont un spectacle finement construit, intime et profond qui fait dialoguer des textes et musiques des XVIIe et XXIe siècles. Marcel Bozonnet, fin récitant, fait résonner les textes, évoque la courte vie de cette personnalité attachante de la cour qu’était Henriette d’Angleterre, admirée de tous, ses aventures amoureuses, sa mort mystérieuse, ses derniers moments, à travers des écrits, outre l’oraison de Bossuet, de Madame de Lafayette, Saint-Simon ou encore des chroniques de cour anonymes

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Les Beaux

Avec ce texte, publié en 2017 sous le titre Enfantillages (1), l’auteure Leonore Confino (Ring, Building, Le poisson belge,…) scrute et désintègre les relations de couple, les faux-semblants et les hypocrisies de façade. Pour illustrer cette dualité entre personnages rêvés et réels, Côme de Bellescize a travaillé et construit sa mise en scène avec les deux interprètes, Elodie Navarre et Emmanuel Noblet dont le jeu intense et nerveux s’inscrit dans la matière du texte.

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Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour

Mêlant les histoires qu’il collecte et d’autres qu’il invente ou qu’il vit en allant par les chemins buissonniers, il arpente la langue, toutes les langues, comme autant de territoires intimes. Il dit la nécessité de l’oralité, regrettant tous ces patois que l’on a interdits à l’école et demandé aux anciens de ne pas parler devant leurs petits-enfants, empêchant la chaîne de transmission. Jaulin remet à l’honneur toutes ces langues autochtones sur lesquelles se penchent parfois davantage de chercheurs qu’elles ne sont parlées par des locuteurs natifs

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La Gioia

Derrière son titre : la joie, c’est un spectacle de deuil que donne à voir Pippo Delbono, celui de Bobo, le fidèle compagnon de route décédé l’hiver dernier. Bobo, personnage à part, microcéphale, rencontré dans un asile psychiatrique en1996, et dont la présence irradia tous ses spectacles. La présence de Bobo hante le plateau, tant « il portait en lui le sens profond du théâtre ». Comment concilier la perte et la joie ? Bobo n’est plus là, mais tous ses autres fidèles cabossés de la vie sont présents

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Rouge

Entre master class donnée par Rothko, considérations sur les différentes formes picturales, son admiration pour certains, le rejet des nouveaux venus (Andy Warhol, Roy Lichtenstein,…) et encore les rapports entre l’art et le commerce, la pièce soulève de nombreuses interrogations. Le peintre, pour qui «il y a une tragédie dans chaque coup de pinceau », voit ses contradictions mises à mal par son assistant.

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La puce à l’oreille

Comme toujours, Feydeau se joue des convenances, met à mal le garde-fou des apparences et sauve, globalement, la morale. Tout cela sans compter avec le rire, formidable machine à jouer actionnée par l’auteur avec un art consommé. Les personnages et leurs rapports sont rapidement identifiés, cernés, reste à mettre en place et accélérer la mécanique. En cela, l’auteur de vaudeville est maître et la Comédie-Française lui doit parmi ses plus grands succès. Cette fois-ci encore, avec la mise en scène de Lilo Baur qui emprunte le pas vif de l’écriture et se saisit des rebondissements.

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L’animal imaginaire

Valère Novarina écrit comme il peint, par jaillissements de la pensée, du geste. Il prend l’écriture, comme la peinture, à bras le corps et travaille les variations comme des gammes. C’est ainsi que l’on retrouve dans L’animal imaginaire des échos de certains de ses écrits antérieurs comme Le Vivier des noms, ou encore La lutte des morts. Car l’auteur insatiable cultive, comme dans un jardin, mais dans une cave, un « vivier de noms » soigneusement comptabilisés.

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Grammaire étrangère

L’aventure entamée en 2016 se poursuit, la tâche n’est pas terminée pour le duo qui a entrepris d’examiner « un à un tous les mots de notre langue maternelle, de l’explorer comme s’il s’agissait d’une langue étrangère ».  Certes, tout ce qu’ils disent, nous le savons déjà (et de faire défiler l’antienne sur une bande lumineuse), mais à les entendre se disputer le « je », on entre vite dans leur jeu. Car « sitôt que je m’y trouve, ailleurs devient ici. »

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