Huit euros de l’heure

Dany Boon et Valérie Bonneton en couple dans la nouvelle comédie de Sébastien Thiéry.

Ce serait presque un retour sur les planches pour Dany Boon qui n’avait pas joué au théâtre depuis dix ans. Il retrouve pour l’occasion une partenaire qu’il connaît bien : Valérie Bonneton. Nul besoin d’ajustement pour ce couple apprécié du public et qui « fonctionne » bien à la scène. Les voici en Jacques et Laurence, bourgeois confortables et employeurs exploiteurs d’une femme de ménage non déclarée, Rosa, une Mexicaine. Un jour, Laurence prend conscience qu’elle souffre des mêmes maux et subit les mêmes ennuis que Rosa. Ainsi, quand la pièce commence, Laurence porte une minerve autour du cou… Rosa aussi. Craignant d’être victime d’un mauvais sort jeté par son employée, voire d’être envoûtée, Laurence fait assaut de gentillesses en tous genres et de générosité pour « acheter » la bienveillance de Rosa.

Les moteurs de la bonté

Pourquoi vient-on en aide aux autres ? L’intérêt serait-il le moteur de la bonté ? A partir de là, Sébastien Thiéry développe une situation, l’étire plutôt, introduit de nouveaux ressorts vaudevillesques invraisemblables, sans aller plus loin ni dans la réflexion sur l’égoïsme, ni dans la subtilité des situations, ni dans l’analyse des personnages. C’est un peu court, trop court, même pour le plaisir de deux comédiens en accord mais figés dans leur personnage. On retrouve dans cette nouvelle pièce de l’auteur de Momo mise en scène par Stéphane Hillel, le climat de ses comédies précédentes : la mauvaise conscience, le cynisme de personnages pas sympathiques enfermés dans leur confort. Manquent la folie absurde, l’esprit caustique, le surgissement de l’incongru, le rire méchant de ses précédentes productions.

Huit euros de l’heure                            *

Théâtre Antoine, 14 bd de Strasbourg, Paris 10e. Tél. 01 42 08 77 71. www.theatreantoine.fr Jusqu’au 31 mars.

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