Féminines

Présentée au Théâtre de la Ville, la dernière création de Pauline Bureau part en tournée. Une histoire enthousiasmante.

Encore une fois, Pauline Bureau s’inspire d’une histoire réelle pour écrire une œuvre de fiction et cela fait mouche. Après l’affaire du Médiator à l’origine de Mon cœur, le procès de Bobigny au cœur de Hors la loi, elle raconte l’histoire de la première équipe de France de football féminin, celle aussi d’une formidable aventure humaine. C’était bien avant les récents exploits de l’équipe de France féminine. A Reims, dans les années 60, un journaliste sportif imagine, en attraction de la kermesse annuelle de L’Union, l’organisation d’un match de foot féminin, s’attirant les quolibets, les ricanements. Il fait passer une petite annonce, des candidates se présentent. Elles sont ouvrières, femme au foyer, lycéenne… Le football sera pour chacune d’entre elles une évasion, un moyen d’expression, d’émancipation, une affirmation. Le coach leur explique les règles d’une discipline alors réservée aux hommes. Commencée comme une aventure improbable, l’entreprise conduira l’équipe à la Coupe du monde en 1978, à Taïpeï. Ecrite à partir d’entretiens avec les membres de l’équipe, la comédie feel good, tonique, tendre, chaleureuse, grave et drôle, expose, en arrière-fond, le climat social de l’époque, la condition des ouvrières, la place des femmes dans la société, leur rapport au corps.

La réalisation d’un rêve

Elle raconte surtout une histoire formidable et enthousiasmante qui voit un groupe se former, composé de personnalités fortes et attachantes. Sur le plateau, elles ne sont pas onze, mais sept qui occupent le terrain et suffisent à constituer une équipe, à faire une bande soudée et combative. Pauline Bureau possède un sens de la scène qui lui permet de s’affranchir des limites, de contourner les difficultés, grâce à la mise en jeu simultanée des différents lieux : au plan supérieur, l’usine où les ouvrières, payées à la pièce, sont soumises aux cadences, sur le plateau, les espaces personnels, les vestiaires de l’équipe, et la vidéo pour les images des matches. Une combinaison rendue possible grâce à la scénographie d’Emmanuelle Roy permettant de passer d’un lieu à l’autre, de l’intime au collectif. Les comédiennes-joueuses de la compagnie La Part des anges sont épatantes : Rebecca Finet, Sonia Floire, Léa Fouillet, Camille Garcia, Marie Nicolle, Louise Orry-Diquéro, Catherine Vinatier, dopées à l’énergie, encadrées par Yann Burlot, Nicolas Chupin, Anthony Roullier. Tous formidables, comme leur histoire vécue « qui donne une sens à la vie ».

Féminines                   * * *

Au Théâtre de Dijon, du 16 au 20 décembre, à Cesson-Sévigné, le 9 janvier 2020, Belfort, les 14 et 15 janvier, Fos-sur-mer, 21 janvier, Toulon, 24 janvier, Dunkerque, 4 et 5 février, Nesle, 8 février, Angoulême, 10 et 11 mars, Mulhouse 18 et 19 mars, Chatenay-Malabry, 24 et 25 mars, Thionville, 31 mars.

(Photo Pierre Grosbois)

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