Rodin/Bourdelle Corps à corps

A La Piscine, à Roubaix, en marge de l’exposition Rodin/Bourdelle, six sculptures de Camille Claudel

 

Deux géants fracassés se tournent le dos, deux Adam impressionnants, l’un réalisé par Rodin, l’autre par Bourdelle. C’est le premier choc de l’exposition Rodin/Bourdelle Corps à corps, conçue par le Musée Bourdelle et le musée Rodin et présentée, après Paris, à La Piscine de Roubaix depuis le 1er mars. La confrontation s’imposait entre ces deux grands maitres de la sculpture, pour autant elle ne dégage aucune opposition ni affrontement mais des recherches communes, des travaux en parallèle. Vingt ans séparent les deux artistes. Quand Bourdelle (1861-1929) étudie la sculpture, Rodin (1840-1917) est déjà un artiste reconnu qui reçoit des commandes de l’Etat. L’un admirait l’autre, qui le fit travailler pendant des années en tant que praticien, à la préparation de ses marbres. Perçu avec pertinence par le maître comme un « éclaireur de l’avenir », ce dernier finit par s’émanciper mais les liens demeurèrent, comme en témoigne leur correspondance, de 1893 à 1912. Entre les deux hommes, les échanges furent nombreux, intimes et artistiques. Leurs trajectoires méritaient une grande exposition. La voici, qui déroule son parcours en grands thèmes, fait dialoguer les œuvres, approche les techniques et détaille les sujets : la main (Mains crispées pour Rodin, Main désespérée chez Bourdelle), le torse, le masque…

Artistes d’influence

Plus de 170 sculptures, mais aussi des dessins, des photographies témoignent des projets et réalisations hors normes : la Porte de l’enfer, le Monument aux Bourgeois de Calais, le Monument à Balzac pour l’un, le monument aux Combattants de Montauban, la façade du Théâtre des Champs-Elysées, l’allégorie de La France, pour l’autre. Comme Rodin a été un maître incontesté, celui de Camille Claudel bien sûr, Bourdelle de son côté, a eu des élèves, notamment Germaine Richier, mais aussi Giacometti… présents ici, comme le sont ceux qui leur ont succédé, Chana Orloff, Ossip Zadline, dont on peut voir deux sculptures. Particulièrement riche en statuaire figurative des années 1870-1940, La Piscine, inaugurée en 2001, pouvait s’enorgueillir de posséder La Petite Chatelaine, de Camille Claudel. Parmi les collections du musée roubaisien, on peut découvrir actuellement, et ce jusqu’à la fin du mois de mars, six œuvres de l’artiste prêtées par le musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine à l’occasion de sa fermeture pour travaux, dont certaines sont emblématiques de son œuvre : Femme accroupie ou Aurore, Les Causeuses, en quelques variations, L’homme penché, et encore d’émouvantes Etudes pour la tête d’Hamadryade ou Jeune fille aux nénuphars ou Ophélie,… De la sculpture plein les yeux.

 

Rodin/Bourdelle Corps à corps

La Piscine, 23 rue de l’Espérance, 59 100 Roubaix, tél. 03 20 69 23 60. www.roubaix-lapiscine.com Jusqu’au 1er juin.

Et aussi : Elsa Sahal, Pool dance, jusqu’au 1er juin, et Sens dessus dessous, jusqu’au 8 juin.

 

. Catalogue Rodin Bourdelle, Corps à corps, édité par Paris Musées/Musée Bourdelle. 272 pages, 42 euros.