A La Scala, la compagnie Hors surface exalte le rebondissement
Un individu est seul, au sommet d’un mur. Le voilà qui tombe en arrière, et disparaît. Puis apparaît sur le plateau un dispositif métallique sur roulettes accueillant en son centre deux trampolines, qui vont être le lieu de toutes les rencontres, possibles ou aléatoires. Autour d’une jeune femme, cinq garçons immobilisés avec lesquels elle va essayer d’entrer en contact. Ses tentatives aboutiront-elles ? Les rencontres auront-elles lieu ? En une chorégraphie aussi rigoureuse que minutieuse, les sauts et voltiges vont commencer à s’enchainer, seule ou à deux, voire plus. Dans un espace en perpétuel mouvement, force est de s’adapter pour survivre. Et si une rare chute advient, elle n’est là que pour inviter au recommencement, et au dépassement. C’est la proposition de Damien Droin, le metteur en scène et scénographe du spectacle, et aussi concepteur de l’Acronet, trampoline en suspension.
Les murs invisibles
La machinerie vedette du spectacle composée de parois en plexiglas est une invitation à tous les défis, toutes les audaces, et à une exploration des thèmes de la chute. Les artistes s’y projettent, pour mieux rebondir, mieux repartir… Grâce à cet outil, le corps joue sur l’équilibre et l’envol. Et les six interprètes multiplient les sauts et les rebonds en une noria époustouflante. La métaphore du mur est ici déclinée en différentes variations : murs concrets, physiques, invisibles comme ceux de l’individualisme, ou imaginaires. Les artistes, eux, les contournent et les traversent avec une virtuosité sans égale. Plongés dans des brumes oniriques, des nuages, des lumières apocalyptiques (Aline Tyranowicz et Léo Grosperrin) et accompagnés par la composition musicale de Matthieu Tomi, ils font formidablement face aux murs.
Face aux murs * *
La Scala, 13 bd de Strasbourg, Paris 10e. Tél. 01 40 03 44 30. www.lascala-paris.fr Jusqu’au 30 mars. La Scala Provence, Festival Avignon 2025, du 5 au 27 juillet.
(photo Camille LaVerde)