Mam’zelle Nitouche

Après une tournée de deux ans, l’opérette d’Hervé est enfin à Paris, sur la scène du Théâtre Marigny.

Pierre-André Weitz continue son exploration du répertoire de l’opérette française de la deuxième moitié du XXe siècle. Après Les Chevaliers de la Table ronde, il sort de l’oubli Mam’zelle Nitouche, du compositeur Hervé, dans une production du Palazzetto Bru Zane, centre de musique romantique française. Créée en janvier 1883 avec succès, l’opérette (deux fois adaptée au cinéma, en 1931 avec Raimu, puis en 1953 avec Fernandel) n’avait pas été vue à Paris depuis un certain nombre d’années. C’est donc à une redécouverte que nous invite Pierre-André Weitz qui, déguisé en clown Piero, accueille le public dès le hall du théâtre, au son d’un limonaire. Pour l’écriture du livret, Henri Meilhac et Albert Millaud se sont inspirés des jeunes années du compositeur alors rival d’Offenbach qui, lorsqu’il était organiste à l’église le jour, arrondissait le soir ses fins de mois comme pianiste et acteur de complément, avant d’écrire des opérettes. Ainsi l’intrigue multiplie les jeux de doubles : Célestin, organiste dans un couvent, écrit de la musique légère en cachette sous le nom de Floridor, la jeune couventine Denise de Flavigny rêve de jouer la comédie et se transforme en Mam’zelle Nitouche quand l’occasion se présente, tandis que le lieutenant des dragons Fernand est déguisé en vieil inspecteur…

Olivier Py en guest star

Après une mise en place un peu appliquée, suivant le style du livret, la mise en scène devient plus enlevée, jouant la carte du kitch et de la fantaisie débridée. Les dialogues parlés et les couplets s’enchaînent au fil du vaudeville riche en surprises et rebondissements. Le rythme s’accélère, un dispositif à tournette alternant prestement les décors, du couvent à la caserne, aux coulisses du théâtre et les interprètes chantent, dansent, se prêtent aux changements de rôles et de costumes, le clou du spectacle étant l’apparition de la statue de Sainte Nitouche, image surréaliste. Laura Neumann, excellente Denise-Nitouche, Damien Bigourdan, Samy Camps et Eddie Chignara,… tous assurent leurs partitions, faisant parfaitement entendre les différents morceaux (Le soldat de plomb, La légende de la grosse caisse,…), sans oublier la guest star : Olivier Py. Le directeur du Festival d’Avignon aime le travestissement. Il est ici à son affaire, un temps revêche Mère supérieure, puis Corinne, chanteuse de cabaret généreusement pourvue, et enfin le militaire Loriot dans un numéro de pur style comique troupier. Dirigées par Stéphane Grapperon, les Frivolités parisiennes ajoutent à la bonne humeur et à la réussite de la soirée.

Mam’zelle Nitouche                           * *

Théâtre Marigny, Carré Marigny, Paris 8e. Tél. 01 76 49 47 12. www.theatremarigny.fr Jusqu’au 15 juin.

. 7e festival Palazetto Bru Zane, jusqu’au 30 juin. www.bru-zane.com

 

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