La Scala Paris

La capitale compte une nouvelle salle de spectacles

Cette fois-ci, ça y est, l’inauguration a bien eu lieu, comme prévu, le 11 septembre. Initialement fixée au mois de juin, elle avait dû être reportée, compte tenu de l’état d’avancement des travaux. Il faut dire que le chantier était de taille pour réhabiliter le lieu, tombé en ruines. La salle qui renaît aujourd’hui, et dont il ne reste guère que le nom et l’adresse, a derrière elle tout un passé, et une histoire chahutée. A sa construction, en 1873, c’est un café-concert, très en vogue à l’époque, où se produisirent les vedettes du moment : Mistinguett, Yvette Guilbert… En 1935, il est transformé en salle de cinéma au style Art déco avec un ciel constellé d’étoiles. La décadence commence des années plus tard, avec la programmation de kung fu, puis la transformation en multiplexe spécialisé dans les films pornographiques. Enfin, en 1999, l’Eglise universelle du royaume de Dieu veut y installer son lieu de culte mais la mairie s’y oppose. Le lieu est fermé, mis en vente.

En 2016, Mélanie et Frédéric Biessy découvrent le lieu et s’enthousiasment à l’idée de le faire renaître. Ils convient des artistes, et après avoir pris leur avis, se lancent dans l’aventure pour « inventer un théâtre d’art privé ouvert à tous les vents de la création et aux publics les plus larges ». Pour redessiner la Scala, ils font appel à Richard Peduzzi. A l’arrivée, c’est une salle modulable de 560 à 750 places aux sièges rétractables qui accueille le public. Un bleu profond habille les murs.

Le circassien Yoann Bourgeois a ouvert la programmation avec un spectacle spécialement conçu pour l’occasion et intitulé Scala, qui joue avec la mécanique des objets, « une pièce fragile courant à toute allure le long d’un fil continu ». A l’affiche du week-end des 21 et 22 septembre, Aux armes, contemporains ! 48 heures de musiques de notre temps puis du théâtre avec Arlequin poli par l’amour de Marivaux mis en scène par Thomas Jolly, Dans la luge d’Arthur Schopenhauer de Yasmina Reza, et des lectures, de la musique, de la danse, sans oublier les arts visuels qui habitent les espaces de la Scala, comme le fauteuil d’Annette Messager (jusqu’au 30 novembre). Longue et belle vie à la Scala Paris.

 

. La Scala Paris, 13 bd de Strasbourg, Paris 10e. Tél. 01 40 03 44 30.   www.lascala-paris.com Demi-tarif pour les moins de 26 ans.

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