La passion suspendue

Fanny Ardant au Théâtre de l’œuvre pour quelques soirs seulement avec Marguerite Duras

Elle a choisi de se faire rare. Pour quelques représentations seulement, Fanny Ardant se glisse dans la peau de Marguerite Duras. Entre 1987 et 1989, après le succès remporté par L’Amant, l’écrivain a accordé une série d’interviews à Leopoldina Pallotta della Torre, journaliste à La Stampa. Publié en langue italienne, ce dialogue avait disparu avant d’être traduit par René de Ceccatty et édité en français il y a quelques années. Au cours de ces entretiens, Duras se livre longuement sur sa vie, son rapport à la politique, à l’écriture, son œuvre, ses amours, son addiction à l’alcool. En étroite connivence, Fanny Ardant se glisse dans le personnage, laisse passer un goût de la liberté, un amour de la vie concrète, une sensualité, une impertinence vivifiante, loin de l’image stéréotypée que l’on pourrait avoir de Duras. « La littérature, ça vous fait gagner du temps et ça vous enlève de la solitude. » Elle laisse entendre sa voix, donne un écho vivant à cette Passion suspendue. Mise en scène par Bertrand Marcos, qui endosse le rôle de l’intervieweur, le moment est intime, en proximité, chaleureux, donne à approcher les secrets d’une vie, d’une femme, d’un écrivain.

La passion suspendue

Théâtre de l’œuvre, 55 rue de Clichy, Paris 9e. Tél. 01 44 53 88 88. www.theatredeloeuvre.fr Jusqu’au 4 octobre.

 

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