Guys and dolls

La célèbre comédie musicale américaine est pour la première fois sur une scène parisienne. Et c’est au Théâtre Marigny.

Créée en 1950 à Broadway, grand succès populaire, récompensée par de nombreux prix, adaptée au cinéma par Mankiewicz sous le titre Blanches colombes et vilains messieurs (avec Marlon Brando et Frank Sinatra), Guys and dolls est pour la première fois à l’affiche d’une salle parisienne. Après la réouverture avec Peau d’âne, Jean-Luc Choplin, directeur du Théâtre Marigny, a tenu à mettre cette œuvre emblématique du genre au programme. Les personnages de Damon Runyon sont d’une époque révolue : dans une Amérique où règne encore la prohibition, un groupe de parieurs et joueurs à la recherche de tripots clandestins pour échapper au policier, rencontre un groupe de missionnaires dévouées au salut des âmes. Joueur invétéré, Nathan Detroit, éternel fiancé de Adelaïde, danseuse de cabaret, parie avec Sky Masterson, un caïd, qu’il ne pourra emmener la jolie Sarah Brown à Cuba ! Défi relevé, avec à l’arrivée une soirée au son de la salsa, occasion d’une chorégraphie chaloupée.

Le charme opère et le rythme emballe

A la mise en scène, l’Anglais Stephen Mear (déjà aux manettes de 42nd Street programmé par Choplin au Châtelet) a voulu « restituer la vibration du cœur de Manhattan en saisissant avec justesse l’esprit et la vision de Runyon, celle d’un New York romantique, excitant et glamour sans perdre de vue que c’était alors une cité mal famée où la vie quotidienne était dangereuse», l’auteur s’étant inspiré de personnes qu’il connaissait réellement. Entourés d’ampoules multicolores, des cadres mobiles (Peter McKintosh) descendent des cintres, simulant l’univers new yorkais. Ils rythment les changements de scène, de décor, et les costumes colorés transportent dans les années 40. La musique et les lyrics de Frank Loesser enlèvent la comédie sur un rythme emballant et n’oublie aucun personnage, des girls aux seconds couteaux ou à la dame patronnesse et au grand-père attendrissant. Les deux couples formidablement campés par Christopher Howell et Ria Jones et Matthew Goodgame et Clare Halse interprètent avec fougue la partition, où l’on reconnaît au passage les célèbres Luck be a Lady, I’ve never been in love before,… Formidablement rythmées, les chorégraphies transportent le temps d’une soirée, à Broadway. Tout est parfaitement réglé, accompagné, dans la fosse, par l’orchestre et les choeurs du Théâtre Marigny, dirigés par James McKeon. Une soirée bonne humeur garantie.

Guys and dolls                            * * *

Théâtre Marigny, Carré Marigny, Paris 8e. Tél. 01 76 49 47 12. reservation@theatremarigny.fr Jusqu’au 27 juillet. Spectacle en anglais surtitré en français.

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