Bells and Spells

Créé au festival de Spoleto, le dernier spectacle du duo formé par Victoria Thierrée Chaplin et sa fille Aurélia Thierrée est à l’affiche du Théâtre de l’Atelier.

Après l’Oratorio d’Aurélia et Murmures des murs, voici la dernière création de Victoria Thierrée Chaplin et de sa fille Aurélia Thierrée. En matière d’ingéniosité, de poésie, le duo est virtuose et Aurélia se fond dans l’univers imaginé par Victoria, magicienne de l’invention. Tout démarre dans une salle d’attente et par un jeu de sièges à bascule. Aurélia s’approche d’un portrait, un peu trop près… Soudainement aspirée, elle disparaît dans le mur. Comme Alice traversant le miroir, la jeune femme est transportée dans une autre époque. La voici chez l’homme du portrait, attirée par les objets qu’elle empoche, puis elle disparaît. Le tableau d’une infante la verra ensuite devenir elle-même infante. D’apparition en disparition, le voyage onirique avance, par étapes et autant de tableaux. Le fil du spectacle est ténu, chaque fragment du rêve finement exécuté comme le morceau d’un patchwork lâchement assemblé.

Les rêves d’une cleptomane

Créature centrale, la jeune cleptomane agile autant qu’étourdie maitrise les pouvoirs de la magie et sait créer des images poétiques comme des moments ludiques. Apparitions, disparitions n’ont pas de secret pour elle… Elle porte une robe longue couleur de lune ? Le temps d’un clin d’œil, elle est habillée d’une robe courte d’un bleu turquoise, volée bien sûr. Puis la voici entamant un pas de deux avec le danseur Jaime Martinez. Ou bien parmi une forêt de porte-manteaux envahissant le plateau qui vont s’assembler pour former un animal fantastique que la jeune femme s’empêche de chevaucher pour s’échapper. Aurélia excelle à faire vivre les créations de Victoria, à jouer avec les métamorphoses, à conjuguer l’humour, la grâce et le merveilleux. On regrette d’autant plus que l’enchainement des tableaux ne s’appuie pas sur un scénario plus élaboré, que ce magnifique travail ne soit pas précédé, dicté, porté par une écriture plus solide. Mais l’enchantement des images est là.

Bells and spells                            * *

Théâtre de l’Atelier, place Charles Dullin, Paris 18e. Tél. 01 46 06 49 24. www.theatre-atelier.com Jusqu’au 12 mai.

(photo Richard Haughton)

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