Mois : mars 2020

Anne-Marie la Beauté

Yasmina Reza le dit : elle a écrit son texte pour André Marcon, qui a souvent joué dans ses pièces. Et l’idée est formidable de lui confier ce monologue. Sans idée de travestissement ni souci de genre, avec seulement une perruque, quelques bijoux, un sac, et des vêtements sortis d’une garde-robe ordinaire, le comédien incarne le personnage d’Anne-Marie telle que l’a imaginée Reza. En toute évidence, et humanité douce.

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La ménagerie de verre

Définie par son auteur, Tennessee Williams, comme une « pièce de la mémoire », La ménagerie de verre est largement autobiographique, qui s’inspire de son histoire familiale dans les années 30 et témoigne de son amour pour sa sœur. Ecrite en 1944, elle marqua les débuts de sa carrière. Tout se passe dans la mémoire, donc. Le narrateur présente « la vérité sous la forme séduisante d’une illusion » et remonte le cours du passé. De la pièce (traduction d’Isabelle Famchon), Ivo van Hove retient essentiellement son réalisme, et la réduit au prosaïsme des situations et des personnages.

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Médéa Mountains

Chanteuse et musicienne de jazz (elle a collaboré avec le groupe Monkomarok et Lone Kent), Alima Hamel est retournée à Médéa pour retrouver ses sœurs qu’elle n’avait pas revues depuis dix-neuf ans. Pour elle qui chante la mort de sa soeur depuis 1997, le temps était venu d’interroger la mémoire de l’histoire familiale, de l’écrire et de la faire entendre. A travers son récit, elle rend hommage à la disparue, victime de la violence de la guerre civile des années 90. En faisant revivre Médéa, petite ville isolée au milieu des montagnes « chef d’œuvre de la nature » et pourtant berceau de massacres, elle témoigne de cette décennie noire vécue par les Algériens.

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La Tortue Noire

Venu du Québec, le Théâtre de la Tortue noire a posé pour un temps ses valises remplies d’objets au Théâtre des arts de la marionnette. Inspirés par la relation entre l’humain et le monde matériel, ses artistes placent l’objet au centre de leur processus de création, mettant en scène de nouveaux rapports entre acteurs et objets qui se reflètent autant dans le contenu dramaturgique que dans la forme.

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Les Innocents, Moi et l’Inconnue au bord de la route départementale

Métaphore du chemin, de la liberté et de l’existence, le dernier texte de Peter Handke (traduit par lui-même en français) interroge aussi sur la place de l’individu dans la nature et l’évolution de la société. Au fil des quatre saisons, Moi est confronté au Temps, à l’attente de l’Inconnue, à l’espoir. Dans la majesté du décor de Jacques Gabel –superbe tableau inspiré des toiles de Gerhard Richter- et les lumières de Joël Hourbeigt, l’image de la route s’imprègne fortement.

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Pelléas et Mélisande

En mettant en scène le texte originel de Pelléas et Mélisande, écrit en 1892, Julie Duclos traque le silence et sa part essentielle dans la musique de l’écriture, où l’on entend les points de suspension, où la parole résonne en écho, ce qui n’est pas dit restant suspendu. Associant habilement cinéma, vidéo, son et lumières, Julie Duclos plonge dans un univers étrange, intemporel et pourtant qui semble proche.

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